Focus sur la saponification

Les origines du savon

Dans l’antiquité, lorsque les savons n’existaient pas encore, on employait des graisses animales et des cendres pour nettoyer et dégraisser.

Pour le bain, l’eau était parfumée d’herbes et d’essences qui le rendaient plus agréable.

Ce n’est qu’au VIIIème siècle qu’un produit proche du savon, à base de graisse de chèvre et de cendres, fait son apparition en Italie et en Espagne.

Durant des siècles, le savon est confectionné à domicile. Il était généralement obtenu en laissant de la cendre de bois, souvent du hêtre, exposée à la pluie dans des barils. La boue qui en résultait était ensuite bouillie et filtrée, puis additionnée de graisse animale, le suif. Dans le midi de la France, on remplaça le suif par de l’huile d’olive et on procéda à l’adjonction de substances parfumées.

Pour s’approcher du processus moderne de saponification, Il faut attendre le XVIIIème siècle où l’on découvre en France la glycérine, en faisant bouillir de l’huile d’olive avec de l’oxyde de plomb, ainsi que la possibilité de l’utiliser dans les détergents. La découverte au XIXème siècle du procédé permettant d’obtenir de la soude à partir de simple sel facilite la production du savon et fait passer sa fabrication des cuisines domestiques aux premiers laboratoires spécialisés.

L’histoire du Savon

Au temps de l’Egypte ancienne, on se frottait le corps avec du bicarbonate de soude à l’état naturel appelé natron et une pâte de cendres et d’argile.
En 2000 avant Jésus Christ, les Sumériens fabriquaient déjà une pâte faite d’huile, d’argile et de cendres qui ressemblait fort à un savon mou.
Au IVème siècle, on retrouve une pâte de cendres et de graisse animale sous le nom étymologique  » sapo  » d’origine gallo-romaine.
Au XIIème siècle, les Egyptiens, Tunisiens et les Perses faisaient commerce du savon qui restait un produit fort coûteux et confidentiel, l’hygiène n’étant pas la préoccupation première au Moyen-Age.
On apprend que la graisse animale employée était le suif de chèvre et que les cendres étaient issues du hêtre et du varech.
A la Renaissance et durant trois siècles, le savon cède la place au parfum qui était censé protéger des maladies contagieuses comme la peste.

L’eau des bains devait être transportée par seaux et chauffée, ce qui rendait le nettoyage peu aisé. C’est pourquoi l’on se contentait d’un ou deux bains par an.
Le savon alors est la résultante d’un alcali (al-qâli = cendres en arabe), mélangé à un corps gras.

La graisse animale est remplacée au XIIIème siècle par de l’huile d’olive, qui rend le savon plus ferme. Le premier savonnier marseillais officiel apparaît en 1371 et s’appelle Crescas Davin.
Au XVème siècle, les premières savonneries industrielles marseillaises exportent leur production, imitant le savon d’Alicante, puis embauchent du personnel qualifié dans toute la Méditerranée au XVIème, ce qui leur permettra de perfectionner leurs techniques et d’exporter davantage.
Au XVIIème, la consommation de savon est en augmentation car son usage tend à se généraliser, pour le lavage du linge notamment. Fin XVIIème, Marseille exporte à travers le monde. Le premier édit réglementant la profession date de 1688 et interdit entre autres d’utiliser un autre corps gras que l’huile d’olive.
Au XVIIIème, on trouve deux sortes de savons pour des usages différents :

1. le savon blanc pour les soyeux, bonnetiers, filateurs, teinturiers, blanchisseurs et parfumeurs.
2. le savon marbré pour le dégraissage des laines, les ménages et les colonies. La fabrication est alors la principale ressource de Marseille.

En 1801, l’importation de matières premières pour le savon est bloquée par les Anglais et Nicolas Leblanc trouve un procédé permettant l’obtention d’un des constituants du savon avec du sel marin (soude caustique).

Il invente la soude factice en traitant le sel marin par l’acide vitriolique.L’embargo fait augmenter le prix de l’huile d’olive et l’on utilise de ce fait de l’huile de noix, de colza, d’oeillette et de lin.
En 1810, chaque savonnier devait appliquer sa marque et garantir la qualité de son savon. Une commission de contrôle veillait au bon respect de la confrérie. Les savonniers décident de se passer des négociants et l’on incorpore désormais 10 à 20% d’huile de palme et de coco dans la masse d’huile utilisée.

Michel Chevreul publie une théorie exacte de la saponification qui nous apprend que les huiles et graisses sont composées d’éthers-sels résultant de la combinaison entre un acide gras et le « principe doux » de Scheele, c’est-à-dire la glycérine (alcool trivalent).

Chevreul fit breveter avec Gay-Lussac un procédé d’extraction des acides gras du suif donnant naissance à une nouvelle matière première, l’oléine.
La hausse du prix de l’huile d’olive oblige les fabricants à utiliser le sésame et le lin ainsi que l’arachide. J.D. Rougier invente un procédé qui blanchit l’huile de palme et permet d’obtenir un savon blanc. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, les usines ferment les unes après les autres car peu mécanisées.

La tendance s’inverse en 1880 avec des manufactures capables de produire 12500 tonnes par an.
Au XXème siècle, l’usage du savon est passé dans les mœurs bien que certaines études sur l’hygiène laissent à penser le contraire.

Les savonneries fusionnent avec les huileries pour créer de nouveaux débouchés. François Merklen publie l’explication physico-chimique du savon et de nouvelles techniques voient le jour. Sur le savon de Marseille authentique est gravée une fière annotation : EXTRA PUR 72% D’ACIDE GRAS.
A la fin du XXème siècle, et malgré l’usage intensif des poudres à laver, des gels de bain moussants et autres savons liquides, on sent renaître l’intérêt du public pour la bonne vieille savonnette, aidé en cela, il est vrai, par la volonté accrue du consommateur d’utiliser des produits sains et naturels et par l’imagination des savonniers qui sortent des sentiers battus pour nous proposer des savons moulés de formes différentes (animaux, objets, personnages) et des senteurs inédites qui suivent la tendance du moment comme le thé vert, la figue, le bambou… Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de boutiques franchisées dévolues entièrement à l’hygiène du corps qui fleurissent dans l’Hexagone comme BODY SHOP, l’OCCITANE, la SAVONNERIE, etc…

Cet engouement est identique aux U.S.A. et en Angleterre où de nombreux particuliers se découvrent une vraie passion de savonnier. Les para-pharmacies où l’on peut avoir accès de visu aux savons des laboratoires contribuent également à l’essor du savon, et proposent de nombreux coffrets comme Anne de Péraudel, Rancé, etc..

Animal ou végétal?

À l’origine tous les savons était faits de gras animal, principalement le lard et le suif. Ils était disponibles peut coûteux et personne à l’époque ne se questionnait sur l’utilisation de sous-produits. Depuis, beaucoup d’huiles et de graisses sont extraites de graines et de noix, fournissant une alternative aux graisses animales.

Les savons faits d’huiles végétales sont chimiquement supérieur et de meilleur qualité que leurs contreparties animales.

La plupart des gras et des huiles végétales sont mieux absorbés par la peau tandis que les graisses et huiles animales on tendances à boucher les pores et peuvent aussi agraver certaines conditions de peau comme par exemple l’eczéma. Il n’est pas sous entendu que les savons faits des graisses animales sont de moins bonnes qualité, il existe d’excellents savons faits avec des graisses animales.

La Saponification

Les savons naturel fait à la main ne sont pas difficile à réussir une fois que les principes de bases sont compris. Il est possible de faire un lot de savon en aussi peu qu’une heure, dépendamment de la formulation.

La formule de base pour faire du savon étant :

Acide gras (huile) %20 Base (lessive) = « Un ester » (savon)

L’huile ou le gras est chauffer doucement. La lessive et l’eau sont combiné séparément. Lorsque les deux ingrédients on atteint la température requise, ils sont ajouté l’un à l’autre. Lorsque le mélange à atteint la consistance désiré, il est verser dans un moule. Ensuite on retire le savon du moule après un temps de repos variant de un ou deux jours. Il est coupé de en pains et empiles pour les laisser mûrir et séché jusqu’à ce qu’il deviennent dur. Cela peut prendre un temps varient de 2 à 8 semaines dépendant de la formulation.

Méthode à froid

C’est sans doute la méthode la plus répandu et utilisé par les gens qui fabrique leur savons à la maison. La neutralisation du savon s’effectue pendant le temps du moulage.

Méthode à chaud

Tous les ingrédients sont placés dans une grande marmite. On applique la chaleur pour effectuer la neutralisation. En utilisant cette méthode le savon est prêt très rapidement.

Savon transparent 

Ce savon est rendu transparent en ajoutant des solvants pour empêcher la cristallisation du savon en refroidissant. Ce savon est souvent appeler savon à la glycérine car on lui ajoute souvent un surplus de glycérine, de sucre et d’alcool pour le rendre transparent.

Savon Fond & Verse

C’est un type de savon qui est de plus en plus répandu à cause de son emploi facile. En effet il suffit de le chauffer un peu pour qu’il fonde, on peut alors le verser dans des petits moules et en faire des objets de toutes formes. Il est produit avec des détergents synthétiques, de la glycérine, du propylène glycol, de la triéthanolamine etc.

La couleur du savon

La couleur naturelle du savon dépend de l’huile ou du mélange d’huile employée ainsi : lorsqu’on use de l’huile de palmiste, la couleur du savon est blanche, l’huile de palme, la couleur du savon est jaune claire ou couleur crème . Le mélange huile de palme plus huile de palmiste donne un savon marron clair. Il est à noter que l’huile d’olive donne avec l’ huile de palmiste des savons de couleurs vertes.

Sources : Derma-Nova.com

 

21 réflexions sur « Focus sur la saponification »

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  2. crazy games

    That is some inspirational stuff. Never knew that opinions could be this varied. Thanks for all the enthusiasm to offer such helpful information here.

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  3. Mélanie

    Bon faut que j’arrête de me coucher si tard moi ;-);
    Mais j’ai dévoré ton article comme je commence dans les savons je suis à fond on ne m’arrête plus 😉 Ce mois de cure va être horrible j’ai trop hâte de tester ma première fournée…
    Merci pour toutes ses super infos comme toujours ;-);
    Bisous

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  4. Mélyssa

    wow vraiment super cet article la caly
    vraiment tu a la cote toi lol.
    j’aimerais cependant avoir quelques info supplémentaire sur la méthode a chaud ca donne quoi comme résultat et c’est pret en combien de temps

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  5. La Fée Pompadour

    Super ton article Caly. Tu nous apprends vraiment tjs qqc. Que ferait-on sans toi? 🙂
    Petite question: est-il possible de faire un savon de Marseille (utilisable pour faire sa lessive), mais sans huile de palme, et si oui, que doit-on mettre comme huiles pour que ce soit assez détergent? Je suis contre cette huile, vue les dégâts que ça fait, la déforestation, etc.
    Merci encore Caly et grosses bises,

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  6. Fidji

    Super ton article Caly! très complet! merci encore pour toutes ces infos, tu es GENIALE!! bisous et bonne journée à +

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  7. letis

    caly est ce que le savon "fond et verse " est naturel???

    je susi interesé par cette methode ,mais seulement si elle est naturelle

    merci de ta reponse

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  8. caly

    Kikou les poulettes

    Merci pour vos commentaires…. alors on m’en pose des questions !!!

    Mel, jsuis contente que tu te lances, jsuis que tu vas adorer 😉 c’est que c’est un peu long mais bon ça vaut le coup hein !!!

    Fée Pompadour tu peux remplacer l’huile de palme par du beurre ou de l’huile de babassu dont la compo est proche de l’huile de palme.

    Bizouilles

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  9. caly

    Alors les filles vu que le sujet vous plait hein ???

    Et que je n’aime pas répondre à vos questions de façon édulcoré, je vous propose de vous préparer différents articles sur le sujet :

    – pour Mély : la méthode à chaud, (pour ta question c’est prêt en environ une semaine ma belle ;-))

    – pour La Fée, Mel, et celles qui veulent se lancer : les différents outils indispensables qui facilitent bien la vie !

    Euh est ce que cela va a tout le monde ?

    Biz"

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  10. caly

    Virginie merci 😉

    Létis cela dépend ou tu te le procures, il bien décortiquer l’etiquette ou poser directement la question au fabricant pour etre sure à 100 %.

    Biz"

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  11. Mélanie

    Bah j’adore déjà, depuis ma première que je crois avoir réussi, j’ai fait 3 nouvelles fournées ;-);
    Un article sur les outils indispensables serait le bienvenue en effet, merci ma belle!

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  12. Laetichoup

    Excellent cet article !!! Très complet, je connaissais quelques bribes mais là tout est remis dans l’ordre c’est NIKEL !!!
    J’attends avec impatience le prochain article avec tout le matos qu’il faut !!! Car je vais me lancer et je voudrais pas oublier quelque chose !! Déjà avec la 50taine de moules ça devrait aller ^^^mais c’est surtout le matériel de sécurité qui me manque (masque, gant etc….);
    Bisous

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  13. Source Natur'Elle

    Toujours aussi complet tes articles Caly et avec ceux que tu prevois a mon avis tu auras tout dit !!! J’ai longtemps hésité a me lancer dans la fabrication de savons mais aujourd hui plus d’hesitation je savonne encore et toujours avec grand plaisir !!!
    Bisous

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  14. sev

    super focus!
    bon le savon c’est pas pour moi… trop petit chez moi! mais j’ai la chance d’en avoir plein à tester grace aux blogueuses savonneuses!

    dis, chez alternativenature tu peux achetre du meltandpour bio. siiiiii. j’avais testé quand elle s’était approvisionné au début. ça me convient tout àa fait car pas de soude et puis bio.

    biz et bon weekend caly

    (pour la réponse à ton com chez moi : pas d’allergies connues. j’aime pas le café! beurk! sinon, l’amande amere et la pistache bof…)

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